Les montres se dévoilent dans une vitrine interactive

24 Heures

Les montres se dévoilent dans une vitrine interactive

Horlogerie — Deux entreprises vaudoises ont créé pour Hublot un système d'exposition qui se pilote sur internet.

Vous ne pouvez vous l'offrir, mais vous rêvez de découvrir une montre Hublot sous toutes ses coutures. C'est désormais possible, en quelques clics de souris, grâce à une nouvelle vitrine d'exposition interactive conçue par les sociétés Dietlin Artisans et FiveCo. Avec le soutien de la marque horlogère de Nyon, qui a signé l'exclusivité de ce concept intitulé Fusion Explorer.

D'un côté, une boutique, un atelier ou une exposition tout ce qu'il y a de plus réels. Hublot y expose une montre dans une vitrine munie d'une microcaméra. Via une télécommande, le visiteur des lieux peut alors zoomer et faire tourner cet objectif en détail sur un grand écran installé dans la pièce. L'exposition se poursuit dans le monde virtuel : depuis le site web de Hublot, les internautes peuvent, eux aussi, guider à distance la caméra durant deux minutes.

Après avoir conçu le présentoir Raptor, une vitrine sans glace déjà destinée à Hublot, Dietlin et FiveCo ont passé dix-huit mois à développer ce nouveau projet. Il a notamment fallu assurer le fonctionnement d'une dizaine de câbles en mouvement et d'une caméra de 100 grammes, qui a exigé l'usinage de 134 pièces sur mesure. Dans un monde horloger qui use — voire abuse — de 3D, Xavier Dietlin voit ce pilotage en direct comme un atout : « Avec les images de synthèse, on ne sait pas si la montre existe vraiment, à force d'en voir qui ne sortent jamais. »

Le patron de Hublot, Jean-Claude Biver, qui a lui-même demandé que cette vitrine-caméra soit disponible sur le net, estime pour sa part que le côté innovant du produit correspond bien à l'esprit de sa marque, « tournée vers l'avenir ».

Liste d'attente

Mais le système a son point faible : une caméra peut être commandée par une seule personne à la fois. Les internautes — qui ont la priorité sur les visiteurs « réels » — devront donc s'inscrire sur une liste d'attente pour accéder à ce gadget. En cas de succès, il faudra donc patienter, puisqu'une seule vitrine est actuellement active à Nyon, avant la mise en place progressive de onze nouvelles installations dans le monde d'ici à 2009, pour un coût à l'unité de « quelques dizaines de milliers de francs », sans compter les frais de développement.

Hier, Xavier Dietlin se voulait donc rassurant : « Le problème de l'accessibilité se résoudra avec l'augmentation du nombre de vitrines. »

Laure Pingoud