Un coffre à cigares de haute technologie !

Tribune des Arts

Un coffre à cigares de haute technologie !

L'histoire a commencé autour d'une table. Comme souvent. On se retrouve entre amis, on refait le monde et on lance une idée énorme dans la discussion. Une idée que tout le monde trouve forcément géniale. Encore faut-il la concrétiser… David Pasciuto et Stéphane Nazzal, eux, sont allés jusqu'au bout de leur rêve. Ils ont des parcours de vie différents, mais leurs chemins ont fini par se croiser dans un family office à Genève. Un environnement idéal pour se familiariser avec le concept de l'ultra-luxe. Ou comment matérialiser les fantasmes, parfois extravagants, des puissants de ce monde. C'est là que leur formidable coffre à cigares, baptisé Emperador, tire son origine. Dans cette ambition, noble, d'offrir un objet 100% exclusif à quelques épicuriens.

Le making-off

Il a fallu trois ans de recherche et de développement pour créer ce coffre à cigares. Autrement dit : l'Emperador a nécessité 17 000 heures de travail, avec l'intervention de 27 corps de métiers différents ! David Pasciuto et Stéphane Nazzal se sont tournés vers un bureau d'ingénieurs, FiveCo Innovative Engineering, basé au Mont-sur-Lausanne, pour concrétiser ce projet. «Là, ils ont placé la barre très haut», sourit Antoine Lorotte, CEO de la société. «Mais il y a toujours une part de défi dans ce genre de projet.» Dans la salle de conférences, une phrase résume l'état d'esprit de cette PME active dans l'horlogerie, la robotique et l'industrie automobile : «Je ne savais pas que c'était impossible, alors je l'ai fait !» Cinq ingénieurs, tous issus de l'EPFL, ont donc planché sur l'Emperador. Le prototype fonctionne depuis un an. «Nous avons ainsi pu résoudre tous les problèmes technologiques», conclut Antoine Lorotte.

La magie

Ce coffre recèle plusieurs trésors. L'accès aux cigares est ainsi protégé par un code secret : les neuf lettres du mot Imperiali, le nom de la marque, servent de touches tactiles sur le couvercle. Dans un tiroir discret, on trouve également trois «périphériques» : un coupe-cigares, un briquet de table et un cendrier. Rien d'étonnant ? Et pourtant… Ce trio est censé rendre le cérémonial de dégustation «magique». La taille est franche, la flamme est parfaite et, surtout, le cendrier s'ouvre tout seul grâce à des capteurs de proximité. Et on ne parle pas des matériaux utilisés, véritable florilège de mots barbares, tels que flexathène, alucobond ou aérogel — dont la NASA se sert pour protéger les combinaisons spatiales.

Le cigare

David Pasciuto est allé cueillir son tabac au Honduras et au Nicaragua. «J'ai passé plusieurs semaines dans les champs pour appréhender ce savoir-faire», précise-t-il. Enroulé dans quatre feuilles d'or, disposé dans des tubes de verre, le cigare Emperador en est la quintessence. Il y en a 24 dans chaque coffre. Coût de ce Grand Cru ? Près de 1000 francs la pièce. Précision importante : seul l'heureux propriétaire du coffre pourra s'en offrir. En effet, la production ne devrait pas dépasser 500 à 1000 cigares par année.

Le prix

Il est plutôt conséquent compte tenu de toute la technologie qui se cache dans ce coffre à cigares (2675 composants, 33 microprocesseurs — dont 21 dédiés seulement aux moteurs) : 1 million de francs ! Il semble pourtant que les deux premiers exemplaires ont déjà trouvé leur propriétaire.